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Les 7 mythes de la parentalité selon Dre Shefali : une autre façon de voir nos enfants

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Une famille illustrant les sept mythes de la parentalité selon Dre Shefali

Nous entrons souvent dans la parentalité avec une foule d’idées sur ce que devrait être un bon parent et sur la façon dont un enfant devrait se comporter. Nous voulons bien faire, alors nous cherchons les bonnes méthodes, les bonnes conséquences et les mots qui feront enfin coopérer notre enfant.

Pourtant, certaines de nos plus grandes difficultés ne viennent pas d’un manque de techniques. Elles prennent racine dans des croyances si répandues que nous ne pensons même plus à les remettre en question.

Dans son livre The Awakened Family, Dre Shefali Tsabary présente sept mythes de la parentalité. Ces mythes ne servent pas à culpabiliser les parents. Ils nous invitent plutôt à observer les attentes, les peurs et les blessures qui influencent notre façon d’interpréter le comportement de nos enfants.

La parentalité consciente ne demande pas de devenir un parent parfaitement calme ni d’accepter tous les comportements. Elle nous invite à reconnaître ce qui nous appartient, à poser des limites avec clarté et à rencontrer l’enfant réel devant nous — plutôt que celui que nous avions imaginé.

 

En bref

Les sept mythes nous font passer d’une parentalité fondée sur le contrôle, la comparaison et la performance à une relation basée sur la conscience, la connexion et un leadership parental solide. Le comportement de l’enfant demeure important, mais il n’est plus la seule chose que nous cherchons à changer.

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Lorsqu’un enfant refuse, crie ou frappe, notre attention se dirige naturellement vers lui : pourquoi agit-il ainsi et comment faire cesser son comportement? Cette question est légitime, surtout lorsqu’une limite de sécurité doit être posée. Elle ne raconte toutefois qu’une partie de l’histoire.

Une même situation peut laisser un parent calme et en bouleverser profondément un autre. L’opposition peut réveiller la peur de perdre son autorité; les pleurs, un sentiment d’impuissance. Si le comportement était l’unique cause de notre réaction, tous les adultes réagiraient de la même façon.

Nous parentons avec notre histoire. Nos expériences d’enfance, nos blessures et nos peurs influencent le sens que nous donnons à ce qui se passe. La fatigue et la surcharge comptent aussi. Tout ne vient pas nécessairement d’un traumatisme, mais notre passé peut entrer dans la pièce sans que nous en ayons conscience.

Il ne s’agit pas de chercher un coupable, mais de retrouver notre pouvoir d’action. Avant de corriger, demandons-nous : « Quel est le fait observable? Quelle histoire suis-je en train de me raconter? Qu’est-ce que cette situation active en moi? » Cette pause aide à répondre à l’enfant présent plutôt qu’à une ancienne blessure.

Mythe 2 — « Un enfant qui réussit est en avance sur les autres »

Notre culture valorise ce qui est précoce, mesurable et visible. Nous comparons facilement les notes, les habiletés, le nombre d’activités ou la participation à une équipe sportive. Même lorsque nous savons que chaque enfant est différent, une petite inquiétude peut apparaître : « Est-ce normal? Est-ce que mon enfant prend du retard? »

J’ai moi-même rencontré ce questionnement avec mes jumeaux. Contrairement à mon plus vieux, ils ne souhaitaient pas suivre de cours ni faire partie d’une équipe. Ils bougeaient et faisaient du sport à la maison, mais sans ressentir le besoin d’une activité organisée. La surprise de certains parents m’a brièvement amenée à douter. J’ai choisi de respecter leur rythme. Cette année, ils ont tous les deux demandé à s’inscrire à des activités.

La leçon n’est pas que le respect de leur rythme a fini par produire le résultat attendu. Même s’ils n’avaient jamais choisi une équipe, leur préférence aurait été valable. L’essentiel était de ne pas transformer leur différence en problème à régler.

Encourager l’effort et offrir des occasions reste pertinent. Imposer un parcours pour calmer notre inquiétude est autre chose. La réussite peut aussi signifier apprendre à se connaître, développer ses forces, persévérer devant une difficulté et faire des choix qui nous ressemblent. Un enfant n’est pas un projet à optimiser; il est une personne qui se construit à son propre rythme.

Mythe 3 — « Il existe de bons et de mauvais enfants »

Nous disons souvent qu’un enfant a été « gentil » lorsqu’il a coopéré et qu’il a facilité la journée des adultes. À l’inverse, celui qui crie, frappe ou s’oppose peut rapidement être décrit comme méchant, agressif ou difficile.

Le problème n’est pas de reconnaître qu’un comportement est inacceptable. Le problème apparaît lorsque le comportement devient l’identité de l’enfant. « Mon enfant a frappé » décrit un geste. « Mon enfant est agressif » définit la personne. Cette différence influence la façon dont nous le regardons, dont nous intervenons et, avec le temps, la façon dont il apprend à se percevoir.

Un comportement est une information. Il peut signaler un besoin, une habileté encore immature, une émotion trop grande ou une limite à enseigner. Comprendre sa fonction ne signifie pas le permettre. Nous pouvons dire : « Je ne te laisserai pas frapper », bloquer le geste et assurer la sécurité sans ajouter : « Tu es méchant. »

Séparer l’enfant de son comportement permet de conjuguer fermeté et dignité. La limite demeure claire, mais le lien n’est pas menacé. Cette posture aide aussi le parent à chercher ce que l’enfant doit apprendre plutôt qu’à vouloir lui faire payer son geste. Un enfant n’est ni son pire moment ni la réaction qu’il n’a pas encore appris à maîtriser.

Mythe 4 — « Les bons parents savent naturellement quoi faire »

La naissance d’un enfant ne nous donne pas instantanément les outils nécessaires pour accompagner une crise, décoder un comportement ou réguler nos propres réactions. Pourtant, plusieurs parents vivent leurs hésitations comme la preuve qu’ils ne sont pas faits pour ce rôle.

Je connais bien cette pensée : « Je suis sa mère, je devrais savoir quoi faire. » Je suis devenue maman de trois enfants en treize mois. Entre la survie quotidienne, le deuil et des situations pour lesquelles je n’avais aucun outil, l’amour ne me donnait pas automatiquement les réponses. J’ai dû chercher de l’aide, apprendre et revoir plusieurs de mes repères. Ce chemin m’a éventuellement menée à devenir coach certifiée en parentalité consciente.

Les bons parents ne sont pas ceux qui savent toujours quoi dire. Ce sont des êtres humains capables d’observer, d’apprendre, de réparer et de demander du soutien. Les connaissances sur les émotions, le développement de l’enfant et les limites relationnelles s’acquièrent. La régulation se pratique.

Remplacer « je devrais déjà savoir » par « je ne sais pas encore » ouvre une porte. Une erreur n’efface pas la relation. Reconnaître que nous avons crié, présenter des excuses sincères et agir différemment la prochaine fois enseigne à l’enfant que les relations peuvent traverser les ruptures et se réparer.

Mythe 5 — « Un bon parent est un parent aimant »

Ce mythe ne dévalorise pas l’amour. Il rappelle que celui-ci, à lui seul, ne garantit pas que nos gestes respectent l’enfant réel.

Un parent peut imposer une activité, choisir les fréquentations de son adolescent ou exercer une pression scolaire en disant : « Je fais ça parce que je t’aime. » Son intention peut être protectrice, mais l’amour peut se mêler à la peur, aux attentes sociales et au scénario imaginé pour l’enfant.

Lorsque l’enfant correspond à nos attentes, il est plus facile d’être chaleureux. Lorsqu’il s’en éloigne, nous pouvons retirer notre approbation ou contrôler davantage au nom de son bien. L’amour devient alors conditionnel : « Je t’accepte plus facilement quand tu confirmes ma vision de toi. »

Un enfant ne doit pas pour autant décider de tout. Des limites sont nécessaires pour la sécurité, la santé et la vie familiale. Il faut distinguer une responsabilité parentale d’une préférence personnelle : est-ce nécessaire? Ai-je entendu mon enfant? Cette décision serait-elle aussi importante si personne ne me jugeait?

Aimer consciemment, c’est protéger et guider sans utiliser l’amour pour rendre l’enfant conforme à nos attentes. C’est aussi tolérer qu’il puisse choisir un chemin différent du nôtre.

Mythe 6 — « Notre rôle est de rendre notre enfant heureux »

Voir notre enfant déçu est inconfortable. Son mécontentement peut déclencher la culpabilité et l’envie de changer notre décision. Nous pouvons alors céder ou résoudre son problème afin de retrouver le calme.

Pourtant, aucune vie ne peut être continuellement heureuse. L’attente, l’échec et la déception font partie de l’expérience humaine. En les éliminant, nous risquons de suggérer que ces émotions sont dangereuses ou que l’enfant est incapable de les traverser.

Le parent ne doit ni provoquer la souffrance ni ignorer un enfant qui va mal. Il peut cependant distinguer une détresse exigeant une intervention d’un inconfort que l’enfant peut traverser avec du soutien.

Après un refus de temps d’écran, par exemple, nous pouvons dire : « Je sais que tu es vraiment déçu. Ma réponse reste non, et je suis là avec toi. » La limite et l’empathie peuvent coexister. L’émotion de l’enfant ne prouve pas que la décision est mauvaise.

Au lieu de demander « Comment puis-je le rendre heureux? », une question plus utile serait : « A-t-il besoin que je change la situation, ou que je l’aide à traverser ce qu’il ressent? » Accompagner toutes les émotions prépare l’enfant à la vie davantage qu’un bonheur impossible à garantir.

Mythe 7 — « Les parents doivent garder le contrôle »

Lorsqu’un enfant refuse d’obéir ou explose, le parent peut avoir l’impression de perdre le contrôle. Cette pensée crée souvent une urgence : il faut que l’enfant se calme, obéisse ou change d’attitude immédiatement. Plus nous forçons ce résultat, plus la lutte de pouvoir risque de s’intensifier.

Nous ne contrôlons pas les émotions, les pensées ni le rythme de retour au calme d’une autre personne. Nous pouvons exiger des excuses, mais pas créer un regret sincère. Nous pouvons interrompre un geste, mais pas obliger un enfant à être content de notre limite.

Ce constat ne retire pas l’autorité parentale; il la recentre. Le leadership consiste à agir sur ce qui nous appartient : notre ton, nos gestes, la décision, l’environnement et les mesures nécessaires pour protéger. Un parent peut ranger la tablette, empêcher un coup ou quitter un lieu tout en acceptant que l’enfant proteste.

Lâcher le contrôle n’est donc pas laisser l’enfant diriger la famille. C’est cesser de mesurer notre autorité à son obéissance immédiate. Dans un moment tendu, demandons-nous : « Qu’est-ce qui m’appartient ici? Quelle limite puis-je faire respecter sans tenter de contrôler ce que mon enfant doit ressentir? » La relation devient alors un lieu où l’enfant développe peu à peu sa propre capacité à se réguler.

Ce que ces sept mythes ont en commun

Ces mythes ramènent le parent vers lui-même : vers la peur derrière le contrôle, l’insécurité derrière la comparaison et les attentes cachées derrière certaines décisions prises « pour le bien » de l’enfant.

Cette introspection n’enlève rien aux limites. Elle aide à les poser sans humilier l’enfant ni lui demander de nous rassurer sur notre valeur. L’objectif n’est plus de fabriquer un enfant toujours heureux, performant et obéissant, mais de bâtir une relation capable d’accueillir les différences, les émotions et les apprentissages.

Tu n’as pas à transformer toute ta parentalité en une journée. Commence par une situation qui se répète. Observe ce qu’elle déclenche en toi, distingue les faits de ton interprétation, puis choisis une réponse qui protège à la fois la limite et la relation.

Questions fréquentes sur la parentalité consciente

Est-ce que la parentalité consciente signifie qu’on ne donne jamais de conséquences?

Non. Elle ne demande ni permissivité ni absence de structure. Elle privilégie des limites logiques, applicables et liées à la situation plutôt que des punitions destinées à faire honte ou à obtenir une soumission immédiate.

Comment commencer lorsque je réagis très vite?

Choisis un seul déclencheur fréquent. Avant d’intervenir, nomme mentalement le fait observable, puis ce que tu ressens. Si la sécurité le permet, prends quelques secondes avant de parler. Une pause imparfaite, répétée souvent, peut changer le déroulement d’une interaction.

Est-il trop tard si mes enfants sont plus vieux?

Non. Les besoins et les limites évoluent avec l’âge, mais l’écoute, la responsabilisation et la réparation restent possibles. Reconnaître honnêtement un ancien fonctionnement sans demander à l’enfant de nous rassurer peut déjà ouvrir un nouvel espace dans la relation.

Pour aller plus loin

Si les crises, l’opposition, l’agressivité ou les luttes de pouvoir prennent beaucoup de place dans ta famille, tu n’as pas à trouver seule toutes les réponses. Un accompagnement parental peut t’aider à comprendre ce qui se joue dans les situations concrètes de ton quotidien et à choisir des interventions cohérentes avec tes valeurs.

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À propos de l’autrice

Isabelle Dubé est coach certifiée en parentalité consciente au Québec et fondatrice d’Éveil Parental. Maman de trois enfants, elle accompagne les parents qui souhaitent mieux comprendre leurs réactions, poser des limites claires et retrouver davantage de connexion dans leur famille.

Sources et inspiration

Chaque parent mérite de vivre plus de calme, de connexion et de confiance.


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